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Produits & terroir

Quel cépage italien choisir ? Cerise du Sangiovese, fraîcheur du Glera et repères régionaux

Valérie Leroy 6 min de lecture
Cépage italien Sangiovese et Glera sur table de dégustation

Le Sangiovese pour un rouge à la fraîcheur marquée, le Nebbiolo pour ses tanins et sa finesse, le Glera pour un effervescent fruité : chaque cépage italien donne un premier indice sur le vin. Mais la région, l’assemblage et l’élevage comptent aussi. Pour comprendre cette diversité, mieux vaut relier les noms de raisins à quelques territoires et sensations plutôt que mémoriser un catalogue.

Une diversité de cépages qui s’explique par les territoires

L’Italie compte plus de 700 cépages autochtones reconnus génétiquement, sur environ 10 000 cépages recensés dans le monde. Ses 20 régions viticoles entretiennent des traditions locales, favorisées par des reliefs, des climats et des histoires agricoles très différents. Un cépage autochtone est une variété historiquement rattachée à un territoire, par opposition à une variété introduite et cultivée dans plusieurs pays.

Infographie des principaux cépages italiens, leurs régions et leurs caractéristiques
Infographie des principaux cépages italiens, leurs régions et leurs caractéristiques

Cette richesse ne signifie pas que toutes les variétés occupent une place équivalente : une quinzaine de cépages représentent environ 90 % du vignoble italien. Le Sangiovese est le cépage le plus planté, avec 79 600 hectares dans les chiffres de superficie présentés ci-dessous. Ces surfaces constituent des repères : elles évoluent avec les plantations et les méthodes de recensement.

La distinction entre cépages rouges et blancs repose essentiellement sur la couleur de leur peau. Pour les rouges, la macération transmet au vin couleur et tanins. Les blancs sont généralement pressés sans macération prolongée. Le Pinot gris rappelle toutefois que cette séparation n’est pas absolue : ses baies sont gris rosé, mais il produit surtout des vins blancs.

Cette diversité s’inscrit dans un vignoble majeur. Selon l’OIV, l’Italie était en 2023 le deuxième producteur mondial, avec 43,9 millions d’hectolitres, derrière la France à 45,8 millions et devant l’Espagne à 30,7 millions. Elle occupait aussi la première place des exportations en volume, avec 21,6 millions d’hectolitres.

Les principaux cépages italiens en un tableau

Les arômes indiqués sont des tendances, non des signatures garanties. La maturité du raisin, le terroir et la vinification peuvent les modifier sensiblement. Ce tableau associe les principales surfaces citées à des repères géographiques et gustatifs.

Cépage Couleur Superficie Régions repères Arômes fréquents
Sangiovese Rouge 79 600 ha Toscane, Émilie-Romagne Cerise, violette, herbes sèches
Pinot gris, ou Pinot grigio Gris, vinifié surtout en blanc 71 200 ha Vénétie, Frioul, Trentin-Haut-Adige Poire, pomme, fleurs
Trebbiano Blanc 64 000 ha Centre de l’Italie Pomme, citron, fleurs discrètes
Glera Blanc 57 500 ha Vénétie, Frioul-Vénétie Julienne Pomme verte, poire, fleurs blanches
Montepulciano Rouge 57 000 ha Abruzzes, Marches Cerise noire, prune, épices
Catarratto Blanc 50 300 ha Sicile Agrumes, fleurs, notes herbacées
Merlot Rouge 43 100 ha Toscane, Nord-Est Prune, mûre
Chardonnay Blanc 42 800 ha Lombardie, Trentin, Sicile Pomme, agrumes, fruits mûrs
Barbera Rouge 28 700 ha Piémont Cerise, mûre, prune
Negroamaro Rouge 15 100 ha Pouilles Fruits noirs, épices, herbes sèches

La superficie n’est pas un classement qualitatif. Le Nebbiolo, moins répandu, donne notamment les Barolo et Barbaresco. Le Nero d’Avola en Sicile, l’Aglianico en Campanie et en Basilicate, ou le Verdicchio dans les Marches méritent également l’attention.

Du Piémont à la Sicile, les associations à retenir

Au nord : Nebbiolo, Barbera et blancs de fraîcheur

Le Nebbiolo est indissociable du Piémont. Il associe souvent rose, cerise et, avec l’évolution, des notes de sous-bois ou de goudron. Sa robe relativement claire peut masquer des tanins puissants. Son nom est généralement rapproché de nebbia, le brouillard. La Barbera, également piémontaise, se distingue plutôt par une acidité vive et un fruit généreux ; l’élevage en barrique est un choix de style, pas une obligation.

Dans le Nord-Est, le Pinot grigio et le Glera offrent d’autres expressions. Le premier produit notamment des blancs secs accessibles ; le second est le cépage emblématique du Prosecco. En Vénétie, retenez aussi la Garganega pour le Soave et la Corvina pour les vins de Valpolicella.

Au centre et au sud : ne pas confondre raisins et lieux

En Toscane, le Sangiovese constitue la base du Chianti et du Chianti Classico, parfois accompagné d’autres cépages autorisés. Son nom est traditionnellement interprété comme « sang de Jupiter ». Son acidité et ses tanins structurent des vins qui gagnent souvent à être servis à table.

Le Montepulciano est un cépage particulièrement associé aux Abruzzes. Mais Montepulciano est aussi une ville toscane : le Vino Nobile di Montepulciano repose principalement sur le Sangiovese, et non sur le cépage Montepulciano. Plus au sud, le Negroamaro caractérise les Pouilles, tandis que le Nero d’Avola et le Catarratto permettent d’aborder respectivement les rouges et les blancs siciliens.

Lire l’étiquette sans confondre cépage et appellation

Sur une bouteille italienne, le nom le plus visible désigne souvent un lieu ou une appellation plutôt que le raisin. Barolo indique un vin issu de Nebbiolo ; Chianti renvoie à un vin à dominante Sangiovese. Les mentions réglementaires précisent le cadre de production :

  • DOC : Denominazione di Origine Controllata, une dénomination d’origine avec une zone et un cahier des charges définis.
  • DOCG : Denominazione di Origine Controllata e Garantita, avec des exigences et des contrôles supplémentaires.
  • IGT : Indicazione Geografica Tipica, une indication géographique offrant généralement davantage de souplesse.

Cette classification n’est pas une échelle automatique du plaisir ou du prix. Une IGT peut être ambitieuse, notamment pour des assemblages sortant des règles traditionnelles. Merlot, Cabernet Sauvignon et Chardonnay sont bien implantés en Italie ; les assemblages toscans avec des cépages internationaux ont notamment pris leur essor dans les années 1970-1980.

Deux autres noms demandent une précision. Le Trebbiano toscano est l’Ugni blanc français, mais toutes les variétés appelées Trebbiano ne lui sont pas identiques. Quant au Glera, il portait couramment le nom de Prosecco avant le changement réglementaire de 2009 : Glera désigne désormais le cépage, tandis que Prosecco désigne les appellations concernées.

Choisir selon le plat, puis comparer dans le verre

Pour accompagner une sauce tomate, commencez par un Sangiovese : sa fraîcheur répond bien à l’acidité du plat. Une Barbera fruitée convient aux charcuteries et aux plats mijotés. Un Nebbiolo structuré accompagne volontiers des champignons ou une viande braisée. Pour un poisson simplement préparé, cherchez plutôt un Pinot grigio sec ou un blanc à base de Trebbiano.

Avec une viande grillée, un Montepulciano, un Negroamaro ou un Nero d’Avola offre généralement davantage de matière. Pour l’apéritif, un Prosecco à base de Glera est une option, en vérifiant sa douceur : brut est plus sec qu’extra dry, malgré ce que les mots pourraient suggérer.

La bulle peut aussi brouiller la lecture du cépage : dans un effervescent, le picotement et l’acidité attirent l’attention avant les arômes. Pour mieux percevoir le Glera, sentez le vin dès le service, puis revenez au verre après quelques instants, sans l’agiter fortement. La poire et les fleurs deviennent parfois plus lisibles lorsque l’effervescence s’apaise. Vous distinguez ainsi plus facilement ce qui relève du raisin de ce qui relève de la texture.

Pour progresser, comparez deux vins à la fois : Sangiovese et Montepulciano pour la structure, ou Pinot grigio et Catarratto pour les blancs. Notez d’abord l’acidité, les tanins et la sensation de volume, puis les arômes. Ces repères sont plus fiables qu’une recherche à tout prix d’un parfum précis.

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